QCM Urgences-Reanimation
Cache les réponses, réponds à chaque question, puis déplie chaque explication. 15 questions · Compter 1 pt par bonne réponse · Score ≥ 12/15 = maîtrisé ✅
Question 1
Lors d'un arrêt cardio-respiratoire (ACR), quel est le rapport compressions/ventilations recommandé par les guidelines ERC 2021 chez l'adulte ?
- A. 15:2 (15 compressions pour 2 insufflations)
- B. 30:2 (30 compressions pour 2 insufflations)
- C. 5:1 (5 compressions pour 1 insufflation)
- D. Compressions seules sans insufflations dans tous les cas
Explication : Le ratio standard est 30:2 : 30 compressions sternales (fréquence 100-120/min, profondeur 5-6 cm, relâchement complet) puis 2 insufflations en 1 seconde chacune. Si le sauveteur n'est pas formé aux insufflations, les compressions seules (Hands-Only CPR) sont préférables à l'absence de RCP. En cas de défibrillateur disponible, l'analyse du rythme est réalisée toutes les 2 minutes. L'adrénaline 1 mg IV est administrée toutes les 3-5 minutes dès que possible.
Question 2
Lors d'un ACR, quels rythmes cardiaques sont « choquables » (défibrillables) ?
- A. Asystolie et rythme idioventriculaire
- B. Fibrillation ventriculaire (FV) et tachycardie ventriculaire sans pouls (TVSP)
- C. Bloc auriculo-ventriculaire complet et bradycardie sinusale
- D. Dissociation électromécanique (DEM)
Explication : Les rythmes choquables sont la FV et la TVSP. Le choc électrique externe (CEE) interrompt le circuit de réentrée et permet la reprise d'un rythme sinusal. Les rythmes non choquables (asystolie, dissociation électromécanique/activité électrique sans pouls) ne bénéficient pas du CEE : la RCP continue et la recherche des causes réversibles (4H/4T) s'imposent. L'adrénaline est indiquée dans tous les rythmes. L'amiodarone est réservée aux rythmes choquables réfractaires.
Question 3
Vous êtes témoin d'un ACR. Dans quel ordre réalisez-vous les actions suivantes ?
- A. Ventiler → comprimer → appeler → défibriller
- B. Sécuriser → alerter (15/18/112) → RCP 30:2 → défibriller dès que possible
- C. Défibriller → comprimer → ventiler → alerter
- D. Alerter → attendre les secours → défibriller à leur arrivée
Explication : La chaîne de survie : 1) Reconnaissance de l'ACR et appel des secours (15/SAMU, 18/pompiers, 112) → simultanément si plusieurs témoins ; 2) RCP immédiate 30:2 ; 3) Défibrillation précoce avec le DEA (défibrillateur externe automatisé) dès qu'il est disponible. Chaque minute sans défibrillation diminue les chances de survie de 10%. La RCP peut être guidée par le régulateur du 15 par téléphone.
Question 4
Un patient présente un choc anaphylactique après injection d'amoxicilline : urticaire généralisée, bronchospasme, hypotension à 70/40 mmHg. Quel est le traitement de première intention ?
- A. Adrénaline 0,5 mg IV direct en bolus
- B. Adrénaline 0,3 à 0,5 mg IM (face antéro-externe de la cuisse)
- C. Corticoïdes IV (méthylprednisolone 1 mg/kg) en 1ère ligne
- D. Antihistaminiques H1 IV et O2 puis surveillance
Explication : L'adrénaline IM est le traitement de 1ère ligne du choc anaphylactique sévère. La dose est 0,3 à 0,5 mg (adulte) en IM dans la face antéro-externe de la cuisse (absorption rapide et sûre). L'adrénaline IV en bolus est réservée aux arrêts cardiaques ou aux formes réfractaires sous monitoring. Les corticoïdes et antihistaminiques sont des traitements de 2ème ligne (délai d'action trop long pour la phase aiguë). L'arrêt de l'allergène, la position allongée jambes surélevées et l'O2 complètent la prise en charge.
Question 5
Un nourrisson de 8 mois présente une obstruction des voies aériennes par un corps étranger. Quelle manœuvre est indiquée ?
- A. Manœuvre de Heimlich abdominale comme chez l'adulte
- B. 5 claques dans le dos entre les omoplates + 5 compressions thoraciques (jamais de Heimlich)
- C. 5 compressions abdominales + 5 compressions thoraciques
- D. Introduction des doigts dans la bouche pour extraire le corps étranger
Explication : La manœuvre de Heimlich (compression abdominale) est formellement CONTRE-INDIQUÉE chez le nourrisson < 1 an (risque de lésions des organes abdominaux). La technique pour les < 1 an est : 5 claques vigoureuses dans le dos (nourrisson en décubitus ventral sur l'avant-bras, tête déclive) + 5 compressions sternales (index et majeur, 1/3 inférieur du sternum). Alterner jusqu'à désobstruction ou perte de connaissance (RCP pédiatrique). Chez l'enfant > 1 an, la technique Heimlich modifiée est possible.
Question 6
Lors de la prise en charge d'une brûlure grave, quelle est la durée recommandée de refroidissement à l'eau ?
- A. 5 minutes à l'eau froide < 10°C
- B. 15 à 20 minutes à l'eau tempérée (15-25°C)
- C. 30 minutes à l'eau glacée
- D. 10 minutes à eau tiède puis application de glace
Explication : Le refroidissement des brûlures doit être réalisé immédiatement : 15 à 20 minutes à l'eau tempérée (15-25°C). L'eau froide (< 15°C) et la glace sont contre-indiquées : elles provoquent une vasoconstriction et aggravent les lésions ischémiques, et chez l'enfant le risque d'hypothermie est majeur. Le refroidissement arrête le processus brûlant, diminue la douleur et limite l'extension en profondeur. Il doit débuter dans les 30 minutes suivant la brûlure pour être efficace. Attention à l'hypothermie chez les grands brûlés.
Question 7
La règle des 9 de Wallace est utilisée pour les brûlures. Quel pourcentage de surface corporelle représente la tête et le cou ?
- A. 9%
- B. 18%
- C. 4,5%
- D. 1%
Explication : La règle des 9 de Wallace divise la surface corporelle en multiples de 9% : tête et cou = 9%, chaque membre supérieur = 9% (total 18%), face antérieure du tronc = 18%, face postérieure du tronc = 18%, chaque membre inférieur = 18% (total 36%), périnée = 1%. Total = 100%. Cette règle est valable chez l'adulte. Chez l'enfant, la tête représente proportionnellement plus (règle de Lund et Browder). Une brûlure > 15-20% de SCB chez l'adulte constitue une brûlure grave.
Question 8
Un patient brûlé présente des brûlures de la face, du cou et une voix rauque avec dysphagie. Quelle complication redoutez-vous et quelle est la priorité ?
- A. Infection cutanée : antibiothérapie prophylactique immédiate
- B. Atteinte des voies aériennes supérieures : intubation orotrachéale précoce
- C. Choc cardiogénique : remplissage massif
- D. Insuffisance rénale : dialyse en urgence
Explication : Brûlures de la face + voix rauque + dysphagie = signes d'atteinte des voies aériennes supérieures par inhalation de fumées et/ou brûlure directe. L'œdème laryngé peut être fulminant et rendre l'intubation impossible en quelques heures. L'intubation orotrachéale précoce (avant que l'œdème ne se constitue) est une urgence absolue. Le médecin doit être prévenu immédiatement. L'IDE prépare le matériel d'intubation, une sédation-analgésie et le chariot d'urgence.
Question 9
Lors d'une décanulation accidentelle de trachéotomie dans les 7 premiers jours post-opératoires, quelle est la conduite à tenir prioritaire ?
- A. Réintroduire immédiatement la canule
- B. Appeler l'ORL en urgence et ne pas tenter de réintroduire la canule seul (stomie non maturée)
- C. Réaliser une intubation orotrachéale en urgence
- D. Oxygéner par masque facial jusqu'à l'arrivée du médecin
Explication : Dans les 7 premiers jours post-trachéotomie, le trajet cutanéo-trachéal n'est pas encore maturé (epithelialisé). Une tentative de réintroduction sans expertise risque de créer un faux trajet dans les parties molles prérachidiennes. Conduite à tenir : alerter immédiatement (ORL, médecin), oxygéner le patient (masque facial ou insuffler doucement dans le stomate si possible), préparer le matériel d'intubation orotrachéale. Après 7 jours, le trajet est maturé et la réintroduction par l'IDE est possible si formée.
Question 10
Vous êtes seul avec un patient en ACR. Vous avez un DEA à disposition. Après combien de cycles de RCP devez-vous mettre en route le DEA ?
- A. Attendre 5 cycles de RCP avant d'utiliser le DEA
- B. Utiliser le DEA DÈS qu'il est disponible, sans délai
- C. Attendre l'arrivée des secours pour utiliser le DEA
- D. Utiliser le DEA uniquement si la RCP est inefficace après 10 minutes
Explication : La défibrillation précoce est le facteur pronostique principal dans la FV/TVSP. Le DEA doit être utilisé dès qu'il est disponible, sans délai. Les recommandations ERC 2021 indiquent : si l'ACR est non surveillé et que le DEA n'est pas immédiatement disponible, réaliser 2 minutes de RCP avant l'analyse. Si le DEA est présent d'emblée, l'analyser immédiatement. Le DEA guide l'opérateur vocalement et décide seul de la délivrance ou non du choc.
Question 11
Un patient adulte présente une obstruction complète des voies aériennes par corps étranger : il est conscient, ne peut ni tousser ni parler. Quelle est la séquence correcte ?
- A. Maintenir la tête en arrière et donner 5 insufflations
- B. Encourager à tousser, puis 5 claques dans le dos, puis 5 compressions abdominales (Heimlich)
- C. 5 compressions thoraciques directes
- D. Aspiration oro-pharyngée au doigt
Explication : Séquence recommandée (ERC 2021) chez l'adulte conscient avec obstruction totale : 1) Encourager à tousser vigoureusement si encore possible ; 2) 5 claques vigoureuses dans le dos entre les omoplates ; 3) Si inefficace : 5 compressions abdominales (manœuvre de Heimlich) : se placer derrière le patient, poings sur l'épigastre, compressions vers le haut et l'intérieur. Alterner jusqu'à désobstruction ou perte de connaissance (passage en RCP). Toujours faire évaluer le patient après Heimlich (risque de lésion digestive).
Question 12
Dans la prise en charge du choc anaphylactique, après l'adrénaline IM, quels traitements administrez-vous en 2ème ligne ?
- A. Antihistaminiques H1 IV + corticoïdes IV + remplissage par SSI
- B. Atropine IV + amiodarone IV
- C. Furosémide IV + digitaliques
- D. Héparine IV + thrombolytiques
Explication : Après adrénaline IM en 1ère ligne : O2 haut débit, position allongée jambes surélevées (sauf détresse respiratoire), remplissage vasculaire par SSI (NaCl 0,9%) si hypotension, antihistaminiques H1 (dexchlorphéniramine/Polaramine®) IV et corticoïdes IV (méthylprednisolone) pour prévenir la phase retardée. Le patient doit être gardé en observation ≥ 6h (réaction biphasique possible). Prescrire un auto-injecteur d'adrénaline (EpiPen®) à la sortie. Bilan allergologique différé.
Question 13
Pour les brûlures, quel est le produit à NE PAS appliquer sur une brûlure en dehors du milieu médical ?
- A. Eau tempérée
- B. Compresse stérile sèche
- C. Dentifrice, beurre, huile, ou yaourt
- D. Film alimentaire (cling film)
Explication : Les remèdes populaires (beurre, huile, dentifrice, yaourt, farine) sont formellement contre-indiqués sur les brûlures : ils maintiennent la chaleur, favorisent l'infection, et gênent l'évaluation médicale de la brûlure. Le film alimentaire transparent (sans serrer) peut être utilisé après refroidissement pour protéger la plaie. Les compresses sèches stériles sont acceptables. Tout corps gras est contre-productif. Ce point est souvent testé en examen car les idées reçues sont très répandues.
Question 14
Quelle est la dose d'adrénaline à administrer lors d'un ACR chez l'adulte et à quel rythme ?
- A. 0,5 mg IV toutes les 5-10 minutes
- B. 1 mg IV (ou IO) toutes les 3-5 minutes, dès que possible
- C. 2 mg IV toutes les 10 minutes
- D. 0,1 mg IV toutes les 2 minutes
Explication : L'adrénaline dans l'ACR adulte : 1 mg en IV (ou intra-osseux si voie veineuse impossible) toutes les 3-5 minutes. Dans les rythmes non choquables (asystolie, DEM), elle est administrée dès que l'accès est obtenu. Dans les rythmes choquables, elle est administrée après le 3ème choc. L'amiodarone (300 mg IV) est ajoutée en cas de FV/TVSP réfractaires après le 3ème choc. La voie intra-osseuse (tibia proximal, humérus proximal) est équivalente à la voie IV en termes de biodisponibilité.
Question 15
Un patient sous anticoagulants présente un traumatisme crânien modéré avec perte de connaissance transitoire. Quelle est la priorité ?
- A. Administrer l'antidote et surveiller 24h en observation
- B. Scanner cérébral sans injection en urgence + avis neurochirurgical si hématome
- C. Arrêter les anticoagulants et reprendre à J7
- D. Réaliser une PL pour éliminer une hémorragie sous-arachnoïdienne
Explication : Tout traumatisme crânien chez un patient anticoagulé justifie un scanner cérébral sans injection en urgence, quel que soit le niveau de la prise de conscience ou la clinique initiale. Le risque d'hématome intracrânien (extra ou sous-dural) est multiplié par 5-10 sous anticoagulants. En cas d'hématome confirmé, la neutralisation de l'anticoagulant (vitamine K1 + PPSB pour AVK ; antidote spécifique pour AOD) et un avis neurochirurgical sont urgents. La PL est contre-indiquée si suspicion d'HTIC.